Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Il fut un temps où j'écrivais de la "poésie", en tout cas des textes, en vers, en prose, en n'importe quoi. Un exutoire, une manière de naviguer en aveugle dans les tempêtes de mes désespoirs d'alors, une manière de survivre tenace, jour après jour, avec toujours les mêmes orages en dedans...


Je vous sers quelques-uns des rescapés qui hantent encore la poussière des vieux tiroirs et les lambeaux de ma mémoire... Nostalgie, nostalgie... La vie était si sombre mais un jour est venue l'éclaircie et il y a même parfois du soleil au dedans de mon âme.


Une tristesse, d'abord... un merveilleux chat blanc aux yeux verts venus un soir de neige chercher refuge, et puis...


Les Chats partis au pays d'Ailleurs
En ronronnant sont bien plus heureux
Mais nous voici bien seuls sans eux
En compagnie de la triste douleur
De leur manque...


Il y avait des espoirs vains...


Je suis l'Inconnu qui passe
L'Inconnu qui n'entend plus
Que l'écho lointain de vos pas...
Mais ce qu'il attend
L'Inconnu que je suis
C'est le bruit de tes pas
Et je ne les entends plus...


C'était l'écho lointain d'un oubli, sans doute, perdu au bord d'une route ou d'un chemin...


Aux lointains matins
Une aube rouge, rouge sang...
Vient un chemin
Et puis un chien...
Sur le chemin, en rangs serrés
Les bêtes s'avancent
Dix bêtes ou cent
Pressées, courant!
Paissent les bêtes
Et se prélassent
Et puis trépassent
Mortes...


Mortes bêtes
D'ivresses anciennes
De parfums oubliés
De jours anciens
Morte plaine
Lointain chemin
Et puis le chien perdu
Humant l'aube qui ne vient plus...


Puis l'on voit le chien
enterrer la nuit noire
sous la terre de sa mémoire...
On le voit rire, prendre sous
son bras le chemin et partir...


Le chien souriant
Court court court...
Il court vers le jour
Il a rendez-vous toujours
Avec sa mie, sa mie d'amour!


Et le passé mauvais
Et les jours d'ombre
S'effacent...


Mais la noirceur revient toujours et tire son rideau sombre devant l'espoir qui s'enfuit en courant...


C'est une histoire de perle
De beautés cachées
Histoire d'huitre qui se referme
Sitôt qu'approche
Une main, un espoir
Espoir des demains brillants
Lumineux comme une flamme
Une âme perdue
Pleurant dans le noir
Qui t'appelle en vain...




Et dernier texte, écho fugace d'un monde inconnu où je m'étais égaré au détour d'une vie...


Il marche seul, dans l'infini...Ses pas se posent sur des mondes d'incertitude et écrasent des os blanchis, hurlant sans les voir des mots de douleurs... Il marche dans un abîme où les étoiles s'éteignent sur son passage, il sombre sans retour dans des détresses sans nom... Nul ne le regarde dans la toile tissée où il s'englue, nul ne tremble pour lui et nul ne se soucie de son devenir...


Je le vois, au loin, s'enfoncer dans son néant... Je tends vers lui une main incertaine qui n'ose avancer si loin... Je tremble puis tombe à mon tour en ce monde où la certitude n'est plus... Je marche vers celui qui était l'humain, mes pas martellent les mondes maudits où je ne suis plus qu'ombre de cadavre moribond, je me disperse en milliers d'étoiles mortes perdues aux confins de l'univers... Puis disparait de ma mémoire celui qui marchait...


Enfin, je me souviens... J'étais ce marcheur de l'ombre, depuis toujours...
J'étais mort et je renais enfin... Enfin, les ombres qui me croisent me regardent de leurs yeux sans vie... Je suis né... Je regarde les os qui dansent et qui meurent... Et enfin, je pleure mon passé resurgit, mon passé de remords et je me souviens...


Je suis en vie dans un monde mort...






 

Nostalgie
Tag(s) : #poésie, #nostalgie